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Au p'tit coin

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La migraine, c’est bon pour la mémoire !

Les femmes qui souffrent de fortes migraines pourraient tirer un certain bénéfice de leur maladie. En effet, par rapport à celles qui ne sont pas victimes de cette affection – qui touche près de 12 % de la population –, elles ont moins de risques d’être atteintes de pertes de mémoire ou de détérioration cognitive au fil des années. C’est du moins ce qui ressort d’une étude publiée récemment dans la revue Neurology de l’American Academy of Neurology. 
L’étude a porté sur 1 448 femmes, dont 204 étaient atteintes de migraines. Elles ont toutes été soumises à une première série de tests cognitifs en 1993, puis à une deuxième série douze ans plus tard. Ces tests consistaient entre autres à se rappeler certains mots. Lors des premiers tests, les migraineuses obtenaient des résultats légèrement inférieurs à ceux des ­­non-migraineuses. Mais, à la deuxième série, ce sont les migraineuses qui ont le mieux réussi, car leurs aptitudes cognitives se sont dégradées de façon moindre. D’ailleurs, ce sont les femmes sujettes aux migraines âgées de plus de 50 ans qui présentaient la plus faible diminution de performances.
“Certains médicaments contre la migraine, comme l’ibuprofène, susceptibles d’avoir sur la mémoire un effet protecteur, pourraient être partiellement responsables de nos résultats”, estime l’auteure de l’étude, Amanda Kalaydjian, de l’université Johns Hopkins, aux Etats-Unis. Selon elle, il est également possible qu’un changement de régime ou de comportement améliore la cognition. Elle cite notamment “le traitement alternatif de la migraine qui consiste à bien dormir, à mettre en pratique certaines techniques de relaxation ou encore à réduire la caféine”. “Malgré ces théories, le plus probable est qu’il existe un mécanisme biologique sous-jacent, une modification des vaisseaux sanguins ou une différence d’activité cérébrale, par exemple, qui à terme réduirait la détérioration cognitive”, ajoute-t-elle.
Amanda Kalaydjian rappelle qu’il est important de comprendre les fondements biologiques de la migraine, qui est une affection aux conséquences physiques et mentales graves, et qui reste en grande partie inexpliquée. D’après une autre étude à paraître, les hommes et les femmes sujets aux migraines ont davantage de risques d’être atteints de rétinopathie. De même, des travaux publiés le 9 janvier dernier indiquent que les migraineuses ont plus de chances d’être déprimées, de se sentir fatiguées et de présenter une multitude de symptômes associés, comme des troubles du sommeil, des nausées et des douleurs corporelles diverses.

El País

Paru dans Courrier international, hebdo n°867, du 14/06/07