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Au p'tit coin

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L'Europe doit remettre "Super-Sarko" à sa place

Que l'hyperactivité de Nicolas Sarkozy dépasse les frontières de l'Hexagone ne ravit guère les médias allemands. "Sarkozy a tort de croire que sa toute-puissance peut aussi s'exercer en Europe," lance la Süddeutsche Zeitung. Les ministres des Finances européens, que le président français rencontrera ce soir, le renverront poliment dans les cordes, pronostique le quotidien de Munich : l'indépendance de la Banque centrale européenne (BCE) n'est pas susceptible d'être écornée et le pacte de stabilité européen ne peut être mis en cause par un cavalier seul. Mais le quotidien libéral n'est somme toute guère inquiet : "Sarkozy est un pragmatique – comme en témoigne la solution qui s'esquisse pour EADS" (et devrait mettre fin à la double direction du groupe au profit de l'Allemand Thomas Enders).
Moins confiant, Handelsblatt juge que "'Super-Sarko' s'avance vers un crash". S'inviter à la réunion de l'Eurogroupe et vouloir briser le pacte de stabilité est une provocation, estime le quotidien économique de Düsseldorf, avant d'envisager le "scénario le plus probable" : Sarkozy tiendra son discours et, "pour des raisons de planning chargé", quittera l'assemblée des ministres avant de se laisser désavouer par elle. "Un Sarkozy ne se dispute pas avec des inférieurs, mais seulement avec ses homologues." C'est Christine Lagarde, sa ministre des Finances – déjà malmenée politiquement au niveau européen après l'intervention de Sarkozy à Bruxelles –, qui essuiera les plâtres. "Mais le choc avec Sarkozy est à terme inévitable", assure Handelsblatt. Car le président français récidive : il a déjà mis en question les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE. "Il est temps que ses partenaires contraignent Super-Sarko à rester sur sa réserve."

Paru dans Courrier international le 09/07/07