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Au p'tit coin

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Décentralisation des Conseils des ministres : un petit mensonge à 10 000 euros

Combien coûte un conseil des ministres en province ?
Dix mille euros, dixit David Martinon, le porte parole de l'Elysée.
Plus de dix fois plus, si on sait compter.

C'est très tranquillement que David Martinon évaluait, la semaine dernière à l'antenne de RTL, le coût du Conseil des ministres dépaysé à Strasbourg : « 10.000 euros.» Et le sémillant porte-parole de l'Elysée de sortir son bordereau de voyagiste : 21 ministres, 21 agents de sécurité, un secrétaire général de l'Elysée, un secrétaire général de Matignon, à raison de 200 euros le billet de train aller-retour, plus un car pour faire la jonction entre la gare et la préfecture. Un point c'est tout ! L'Elysée aurait pu éluder la question et s'en tenir à la très sarkoziste posture : la volonté politique n'a pas de prix. Mais non, histoire de montrer le souci du Président pour les deniers publics, mieux valait un pieu petit mensonge. Quitte à surfer sur le vieil adage plus c'est gros mieux ça passe.

Car la caravane présidentielle devait non seulement comporter bien plus que les cinquante personnes évoquées par le porte-parole, mais également mobiliser bien davantage de ressources sur place, tant techniques qu'humaines. Sans compter les coûts indirects, difficilement mesurables. Sachant que :

1. chaque ministre se déplace rarement avec moins de deux membres de son cabinet ;

2. le Président, lui, se promène avec une lourde intendance (médecin, militaire porte mallette nucléaire, etc.), sans oublier une tripotée de collaborateurs élyséens, entre autres choses d'encadrer la presse ;

3. le coût de la sécurisation d'un lieu au niveau de celui de l'Elysée, c'est-à-dire les équipes de déminage, les brigades cynophiles, la mobilisation des forces de polices –, – il a fallu ainsi pas moins d'une dizaine de cars de CRS pour un déplacement parisien dans un lieu pourtant bien protégé, le Tribunal de Commerce-, quelques centaines de personnes au bas mot ;

4. la mobilisation des services préfectoraux une journée durant, opération encore très gourmande en temps-fonctionnaires ;

5. sans compter l'annulation du marché hebdomadaire.


À ce rythme-là, le coût de ce genre de petit voyage avoisine une somme comportant plus certainement 5 chiffres, soit en centaine de milliers d'euros, que la dizaine de milliers. Mais quand on aime les Alsaciens (ou les Bretons ?), on ne compte pas….

Mardi 18 Septembre 2007 - 16:00

Emmanuel Lévy