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Au p'tit coin

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Construire les villes à la campagne, c'est vraiment absurde !

Le 3 avril, le gouvernement britannique a dévoilé une liste de 15 sites sur lesquels il envisage de construire des "ecotowns", c'est-à-dire des villes nouvelles (de 5 000 à 20 000 maisons chacune) censées être "zéro carbone" [qui limite ses émissions et compense celles qui sont produites], destinées à lutter contre la crise du logement. Les cinq premières d'entre elles devraient être construites avant 2016. Soixante ans après le lancement des villes nouvelles dans le pays, le chroniqueur Simon Jenkins remarque que "les promoteurs veulent naturellement construire là où c'est facile et rentable, la plupart du temps sur des terrains de la ceinture verte rurale à une distance raisonnable des lieux de travail". Pourtant, "l'association Empty Home Agency indique que construire de nouvelles maisons émet 4,5 fois plus de CO2 que réhabiliter les maisons anciennes. Une ecotown nécessite de construire des maisons, des rues, des égouts, des magasins, et tous les services à partir de zéro. Il est absurde de prétendre que cette politique est plus efficace, notamment en ce qui concerne les émissions de CO2, qu'agrandir et rendre plus écologique les agglomérations déjà existantes."

Dans les villes nouvelles de Bracknell et Milton Keynes, respectivement 14 % et 19 % des habitants ne disposent pas d'une voiture, tandis qu'ils sont 37 % à Londres et 48 % à Manchester. Ainsi, assure Simon Jenkins, "la Grande-Bretagne a beaucoup d'ecotowns potentielles. Elles s'appellent Londres, Birmingham, Manchester, Liverpool, Leeds, Sheffield et Newcastle, pour n'en citer que quelques-unes. Elles ont des infrastructures de services, d'écoles, de cliniques, de bibliothèques, de services de santé et de transports publics." "La meilleure manière de préserver la campagne et de faire baisser le plus possible le coût en CO2 du logement est de mieux faire fonctionner les villes actuelles", conclut Jenkins.

Paru dans Courrier international le 4 avril 2008