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Au p'tit coin

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Palmarès 2008 des acteurs : Daniel Auteuil l'emporte

Le Figaro publie son classement annuel des stars du cinéma français les mieux payées.

Ce soir, c'est relâche. Mais demain soir, Daniel Auteuil méritera une ovation. Alors qu'il joue L'École des femmes à l'Odéon à Paris, l'éternel outsider de notre classement publié depuis 2003 décroche enfin, à 58 ans, la place d'honneur de l'acteur le mieux payé au cinéma avec des gains de 3,2 millions d'euros. Ses deux meilleures affaires, il les a faites avec Luc Besson. Pour jouer dans L'Invité et dans Dialogue avec mon jardinier, le tycoon lui a versé 1,26 million et 945.000 euros.

Très apprécié des producteurs comme des techniciens dont il connaît souvent le prénom, Daniel Auteuil est une star atypique. À l'inverse d'un Benoît Magimel dont les contrats détaillent sur deux pages ses exigences de confort (junior suite, Air France en classe affaires, berline climatisée de moins de deux ans avec chauffeur dont il doit être l'unique passager…), Daniel Auteuil demande juste aux producteurs d'embaucher son chauffeur Hakim Falek, son maquilleur Joël Lavaux et son coiffeur Laurent Bozzi.

En seconde position, la très populaire Mathilde Seigner frôle les 3 millions d'euros de revenus avec quatre films. Son arrivée en tête de liste est la surprise de cette année : pour la première fois depuis la création de notre palmarès, une actrice occupe la place habituellement réservée aux seigneurs que sont Gérard Depardieu et Christian Clavier. Mathilde Seigner est suivie de près par Thierry Lhermitte qui dépasse enfin la barre symbolique du million d'euros par film. Cet acteur est aussi un producteur heureux. En 2007, sa société Ice 3 a coproduit, avec Luc Besson et Pierre-Ange Le Pogam, deux films qui ont particulièrement plu au public : Dialogue avec mon jardinier (1,3 million d'entrées) et Michou d'Auber (900.000 entrées).

Comparé aux années précédentes, le palmarès 2008 est atypique. Il se caractérise par un vrai changement de génération avec de fortes progressions de salaires pour Guillaume Canet, Cécile de France, Catherine Frot, Alice Taglioni et Karin Viard. D'autres comme François Cluzet, Mathieu Amalric, Emmanuelle Devos font beaucoup parler d'eux, mais ont besoin d'enchaîner un ou deux succès pour franchir le cap des 500 000 euros par film.

Et ce n'est pas facile. Même si les Français sont plus allés au cinéma en 2007 (+ 7,5 % selon le Centre national de la cinématographie), ils ne se sont pas déplacés en masse comme pour Les Bronzés 3 (10 millions d'entrées) et Mission Cléopâtre (14 millions). Seul La Môme a franchi la barre des 5 millions d'entrées. Ces chiffres cachent des dizaines de bides comme La Disparue de Deauville, Après lui et Ma place au soleil. Des grands noms comme Catherine Deneuve, Gérard Jugnot, Sophie Marceau ont, hélas, mordu la poussière…

Du coup, aucune star n'a touché le jackpot grâce à ses clauses d'intéressement. Jean-Pierre Darroussin qui avait prévu de toucher 0,13 centime d'euro par entrée sur J'attends quelqu'un a obtenu un bonus de 14 560 euros. De l'argent de poche pour cet acteur dont la cote grimpe à toute vitesse. À titre de comparaison, grâce à trois lignes glissées dans son contrat pour Mission Cléopâtre, Jamel Debbouze avait touché un bonus de 1,17 million d'euros en 2003 !

Si les clauses d'intéressement sont décevantes, nos nouvelles stars ont trouvé de quoi se consoler à Hollywood. Les studios qui font désormais plus d'entrées en Europe qu'aux États-Unis sont moins durs en négociation.

Finie l'époque où Steven Spielberg se permettait de proposer 200.000 euros à Nathalie Baye, soit la moitié de ce qu'elle touche par film en France. Les tout-puissants agents de CAA et d'ICM qui font la loi à Hollywood ont bien compris l'enjeu. Marion Cotillard, Audrey Tautou, Vincent Cassel, Mathieu Amalric et Cécile de France ont tous été accueillis à bras ouverts.



Daniel Auteuil
: 3,2 millions

Depuis le premier palmarès du Figaro en 2003, Daniel Auteuil a toujours occupé l'une des six premières places. Alors que Gérard Depardieu a reculé au point de disparaître des dix premiers en 2008 (il est n° 11), la cote de Daniel Auteuil n'a jamais cessé de grimper. Le public l'adore! Si le budget d'un film le permet, il peut exiger 1,5 million d'euros, contre 700.000 euros il y a cinq ans. Les producteurs l'apprécient pour sa simplicité, son professionnalisme mais aussi parce qu'il n'oublie jamais de miser sur le succès d'un film. Sur Dialogue avec mon jardinier, il a demandé aux coproducteurs (Luc Besson et Thierry Lhermitte) de toucher 0,135 euro par ticket vendu dès lors que le nombre d'entrées était supérieur à 1,5 million. Pas de chance, le box-office s'est arrêté à 1,3 million d'entrées. Il se rattrapera en 2008 où il va comme d'habitude être omniprésent sur le grand écran. Il sera la tête d'affiche de MR73, le polar très attendu d'Olivier Marchal, et les spectateurs le verront aussi dans La Personne aux deux personnes avec Alain Chabat et dans Ma fille a quatorze ans, une comédie familiale dans la veine de La Boum. Infatigable, il tournera au printemps dans l'adaptation par Zabou Breitman du best-seller d'Anna Gavalda Je l'aimais.

Mathilde Seigner : 2,8 millions

Quatre films et un bébé… L'année 2007 aura été excellente pour cette actrice, l'une des plus populaires et plus «bankables» de France. En quinze ans de carrière, la belle-sœur de Roman Polanski a déjà tourné quarante-cinq films. Habile dans le choix des scénarios, elle sait se limiter à trois tournages par an. Bien lui en prend : depuis son triomphe dans Vénus Beauté (1999) et Harry, un ami qui vous veut du bien… (2000), elle aligne les succès au box-office. En tête d'affiche sur des comédies populaires comme Camping, elle dépasse les 5,5 millions d'entrées. Sur les films plus difficiles comme Danse avec lui, elle réussit sur son seul nom à attirer un million de spectateurs au cinéma. Peu d'actrices peuvent en dire autant. À 39 ans, Mathilde Seigner peut désormais exiger 700.000 euros par film. En 2007, elle a touché 675.000 euros pour 3 Amis, le film de Michel Boujenah, et 686.020 euros pour la petite comédie Détrompez-vous. Malgré sa gouaille qui lui vaut régulièrement les quolibets du magazine people Voici, elle n'impose aucune exigence particulière sur les tournages. Comme toutes les stars, elle demande juste à recevoir un jeu de photographies, vingt places pour l'avant-première du film, deux DVD ainsi qu'un CD de la bande originale.

Thierry Lhermitte : 2,6 millions

En 2007, il s'était partagé 18 millions d'euros pour Les Bronzés 3 avec Gérard Jugnot, Josiane Balasko et les autres complices du Splendid. Thierry Lhermitte a joué cavalier seul et a multiplié les contrats avec EuropaCorp, dirigé par Luc Besson et Pierre-Ange Le Pogam. Pour jouer dans leur comédie, L'Invité, Thierry Lhermitte a obtenu 1,1 million d'euros. C'est un peu moins que Daniel Auteuil (1,26 million) mais c'est deux fois plus que Valérie Lemercier (540 000) avec qui il partageait l'affiche. En tant que producteur, associé à Louis Becker et à Bruno Moynot (Monsieur Prescovich dans Le Père Noël est une ordure), Thierry Lhermitte a aussi fait de bonnes affaires avec EuropaCorp. Sa société Ice3 a investi dans deux succès de Luc Besson : Dialogue avec mon jardinier (1,3 million d'entrées) et Michou d'Auber (900.000 entrées). Ces divers contrats lui permettent de baisser ses tarifs pour jouer dans des films plus sombres. Pour La Clef, de Guillaume Nicloux qui l'avait déjà utilisé à contre-courant comme détective solitaire dans Une affaire privée (2001), il n'a demandé que 98 000 euros. Peu exigeant sur les tournages, il demande juste que son fauteuil de maquillage soit muni d'un appui-tête.

Christian Clavier : 2,3 millions

Pour cet acteur habitué à caracoler en tête du box-office, 2007 aura été une petite année. Ses deux comédies L'Auberge rouge (770.000 entrées) et Le Prix à payer (1,3 million d'entrées) n'ont pas obtenu le succès escompté. D'ordinaire, Christian Clavier pulvérise les records d'entrées grâce à ses grimaces et à ses gesticulations dans des blockbusters comme Les Bronzés 3 (10 millions d'entrées), Les Visiteurs (13,6 millions d'entrées) et Astérix (14 millions d'entrées). À 55 ans, Christian Clavier gagne néanmoins toujours aussi bien sa vie. Acteur, il empoche au minimum un million d'euros par film et une cascade d'intéressements sur les entrées en salle, les ventes aux chaînes de télévision, les cessions à l'étranger… En tant que scénariste (L'Enquête corse, L'Empire des loups), il obtient 270.000 euros pour cosigner, avec Michel Delgado, le scénario et les dialogues de L'Auberge rouge. En 2008, ses fans le retrouveront aux côtés d'Isabelle Huppert dans Les Médiateurs. Contrairement à Thierry Lhermitte, à Gérard Jugnot et à Michel Blanc, Christian Clavier ne joue que dans des comédies. Mais pourquoi changer quand on a derrière soi cinquante films dont des grands classiques comme Les Bronzés et Le Père Noël est une ordure ?

Gérard Jugnot : 1,8 million

Depuis Les Choristes, Monsieur Batignole et Les Bronzés 3, son nom est synonyme de succès. Mais, comme il le reconnaît volontiers lui-même, «ma vie est ponctuée de succès et d'insuccès». C'est ce qui est arrivé en 2007. Visiblement, quand il s'agit de pirates, les Français préfèrent Johnny Depp à Gérard Jugnot. Face aux flamboyants Pirates des Caraïbes, L'Ile aux trésors n'a pas atteint 500.000 entrées (471.000). C'est cinq fois moins que l'objectif prévu par les deux autres vedettes du film, Jean-Paul Rouve et Alice Taglioni, qui avaient concocté des clauses d'intéressement à partir de 2 millions et 2,5 millions d'entrées. L'autre film de Gérard Jugnot, L'Auberge rouge, a fait à peine mieux (770.000 entrées). Là aussi, c'est une vraie déception. Programmée pendant les fêtes de fin d'année, cette comédie familiale aurait dû atteindre les 3 millions d'entrées. Depuis, pour TF1, Gérard Jugnot a enfilé une djellaba et joué Ali Baba. En 2008, on le verra dans quatre comédies et dans un film policier. Il reviendra aussi derrière la caméra pour tourner Rose et noir. Une comédie située au XVIe siècle où un grand couturier français part préparer un mariage royal en Espagne, à l'époque où ce royaume vit sous le joug de l'Inquisition.

Jean Dujardin : 1,7 million

Depuis le formidable succès de Brice de Nice en 2004, Jean Dujardin est l'un des acteurs les mieux payés du cinéma français. Marchant sur les traces de Daniel Auteuil, la nouvelle coqueluche du cinéma français a démontré qu'il savait aussi bien jouer des comédies que des films policiers. Le public apprécie. En 2007, Contre-Enquête lui a permis de gagner 800.000 euros. Il aurait pu gagner beaucoup plus grâce à ses clauses d'intéressement : 0,135 euro par ticket vendu à plus d'un million d'entrées et 0,225 euro à compter d'un million et demi d'entrées. Pas de chance : le box-office s'est arrêté à 1,1 million. Pour jouer l'odieux pubard Octave dans 99 francs, il a obtenu 900.000 euros. Mais cet acteur qui travaille en famille (son père et son frère aîné gèrent sa carrière sur le plan juridique) n'a pas de salaire fixe. Il est tout à fait capable de tourner cinq semaines gratuitement dans un petit film à l'arrache sans budget. En 2008, son planning est très chargé. Outre un rôle dans Un homme et son chien, le prochain Belmondo, il va reprendre son costume d'espion crétin pour jouer la suite d'OSS 117 à Rio avant d'enfiler celui du poor lonesome cowboy dans le Lucky Luke de son complice James Huth (le réalisateur de Brice de Nice). Un rôle pour lequel il a repris des cours d'équitation…

Guillaume Canet : 1,6 million

Avec trois films encensés par la critique et par le public, quatre césars pour Ne le dis à personne et une petite amie nommée aux oscars, Guillaume Canet a encore connu une année formidable. À seulement 34 ans, il est l'un des rares à réussir aussi bien comme acteur, réalisateur, scénariste et producteur. Ses tarifs varient selon son intérêt pour le film et l'importance de son budget. Pour La Clef, il n'a pris que 300.000 euros alors qu'il peut espérer plus de 1 million d'euros dans un film aussi attendu qu'Ensemble, c'est tout. Mieux encore : sa société Caneo Films a dégagé 2,8 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2006.

Travailleur acharné, il a connu récemment de sérieux pépins de santé : épuisement général, staphylocoque doré et des mois d'antibiotiques. Heureusement, c'est fini. Alors, comme si de rien n'était, Guillaume Canet est reparti sur les chapeaux de roues aux côtés de sa bande : son fidèle producteur Alain Attal (Les Productions du Trésor), les comédiens François Cluzet, Gilles Lellouche, François Berléand, son directeur de la photographie Christophe Offenstein et le scénariste Philippe Lefebvre. Les vacances ? Connaît pas. En 2008, on le retrouvera dans un thriller d'espionnage et peut-être derrière la caméra pour son troisième film.

Nathalie Baye : 1,2 million

Ces dernières semaines, elle a mis sa carrière entre parenthèses pour mieux s'occuper de sa fille unique, Laura, qui a de graves ennuis de santé. Elle a préféré annuler la tournée de son spectacle, un hommage à l'humoriste Zouc, qui devait la conduire sur les routes jusqu'en avril. Selon le communiqué officiel de son producteur, Nathalie Baye «est en proie à un état émotionnel et psychologique source d'une extrême fragilité».

Cela ne l'empêche pas de s'imposer en douceur comme la patronne du cinéma français, là où on aurait pu attendre Catherine Deneuve, Isabelle Adjani ou Isabelle Huppert. Après avoir réussi à relancer sa carrière il y a dix ans, quand elle avait 47 ans, avec des films comme Vénus Beauté, cette comédienne qui joue aussi bien des comédies, des films d'auteurs que des polars, a de nouveau connu une année faste. Le Prix à payer a attiré 1,3 million de Français, contre 900.000 pour Michou d'Auber. Pour le premier, elle a obtenu 457.347 euros. Pour le second, elle a touché 343.011 euros. Malgré son statut de star, elle ne demande rien de particulier aux producteurs, si ce n'est de retravailler parfois les scénarios et d'embaucher sa maquilleuse, Françoise Andrejka, et son coiffeur, Cédric Chamy.

Marion Cotillard : 1,15 million

Heureusement, son agent, Laurent Grégoire, était là. Sinon, Marion Cotillard n'aurait touché que 495.000 euros pour La Môme. Une somme qu'elle avait acceptée, car elle n'avait pas sa renommée actuelle, mais aussi parce que La Môme a été difficile à financer. Marion Cotillard a finalement obtenu plus du double (1,15 million d'euros) grâce à des avenants négociés secrètement après le succès du film. Depuis, la jeune actrice montre qu'elle sait compter et qu'elle a le sens du marketing.

Pour profiter de l'année passée à faire la promotion du film, elle s'est fait suivre par une caméra et a vendu ce «making of» à Canal + pour (dit-on) 80.000 euros. Couronnée d'un Golden Globe (un prix américain), d'un Bafta (le césar britannique) et d'un César, elle est la première actrice française à bénéficier d'une telle notoriété mondiale. Garder la tête froide et les pieds sur terre ne sera pas facile. Déterminée à réussir à Hollywood où elle a commencé en 2003 aux côtés de Tom Hanks dans Big Fish, Marion Cotillard a pris le même agent chez CAA que Penélope Cruz. Elle s'est installée avec son chat à Santa Monica où elle sera la voisine de Jennifer Aniston. Ses prochains films ? Public enemies avec Johnny Depp et Nine, une comédie musicale avec Catherine Zeta-Jones.

Audrey Tautou : 1 million

En 2007, elle n'a sorti qu'un seul film : Ensemble, c'est tout, tiré du best-seller d'Anna Gavalda. Mais cela suffit pour la faire entrer dans notre palmarès car Audrey Tautou est l'actrice la mieux payée de France. Normal : tous ses films depuis Amélie Poulain L'Auberge espagnole, Un long dimanche de fiançailles, Les Poupées russes, Hors de prix, Ensemble, c'est tout sont des succès. Du coup, elle obtient 1 million d'euros par film.

Ayant su rester simple, elle n'impose pas d'exigences extravagantes dans ses contrats. Elle précise simplement qu'elle refuse toute scène de nudité totale. Et demande aux producteurs de prendre en charge les salaires de sa coiffeuse Jane Milon, de son chauffeur Fabrice Lamy et de son attachée de presse Myriam Bruguiere. Un détail qui oblige le producteur à payer deux attachées de presse : celle d'Audrey Tautou et celle du film. Preuve qu'elle est une star, Audrey Tautou est la seule à imposer la date de sortie de ses films pour qu'ils ne soient pas à l'affiche tous en même temps. Avec un maximum de deux tournages par an, elle aime se faire rare. En 2008, elle pourrait incarner Coco Chanel. Mais le projet est compliqué. Quatre films sur la célèbre styliste sont en concurrence.

Enquête réalisée par Léna Lutaud