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Au p'tit coin

Au p'tit coin

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Là-bas hebdo

Entre le 18 juin 2006 et le 8 juillet 2006, vous avez été plus de 200 000 à signer la pétition « Sauvons là-bas », soit 10 000 par jour pendant 20 jours. Un record inégalé. A ces Auditeurs Modestes et Géniaux nous adressons chaque semaine (ou presque) un rappel du programme de la semaine à (ré)écouter, ainsi que quelques nouvelles du front.

Chers amis,

Chers A.M.G.,

Bienvenue à l’Eglise de Chiffrologie !

Comment faire monter la flèche ?

Que vous soyez rentier ou candidat, c’est la question qui se pose.

Et qui s’est posée cette semaine à Radio France.

Imaginez

Imaginez un grand média : presse, télé, radio ou web, peu importe ; un média qui serait totalement affranchi de la tyrannie des annonceurs, qui ne serait tributaire d’aucun actionnaire, qui n’appartiendrait à aucun groupe financier, bref, tout ce qui permettrait une véritable indépendance politique et éditoriale. Vous imaginez ça ? Plus de laisse, plus de muselière, plus de dressage nécessaire. Un rêve impossible? Pas tout à fait. Il y a eu des exemples dans le passé. Aujourd’hui, il y a encore une presse comme le Canard enchaîné, quelques radios encore libres, ou l’internet investi par la dissidence. Autant d’îlots salutaires mais des portions fort congrues face à l’hydre du PPA, le Parti de la Presse et de l’Argent !

Demandez aux journalistes de Libération suspendus au bon vouloir d’un banquier. Demandez à ceux de Politis, le combat qu’ils ont dû mener pour continuer leur combat. Demandez à des journalistes - non pas aux vedettes vues à la télé -, mais au tout venant, à l’infanterie. Ils vous diront les pressions sur leur plume, sur leur micro ou leur caméra. Ils vous diront le chiffre d’audience de la veille affiché chaque matin dans l’ascenseur. Beaucoup finissent par plier et se ranger. D’autres résistent tant qu’ils peuvent tout en rêvant de ce grand média financièrement indépendant.

Or ce média existe. C’est Radio France. Un Service public financé par le public. Près de treize millions d’auditeurs au total chaque jour. « La plus grande entreprise culturelle d’Europe » dixit Jean-Marie Cavada. Et que faisons-nous de cette chance unique ? Et de cet héritage ? Car c’en est un, rappelons-le. En pleine guerre sur un fameux cahier bleu, le CNR (Conseil National de la Résistance) consigne les projets de la Résistance concernant l’information et la radio : « Soustraire l’information aux puissances d’argent et aux hommes d’affaires qui arriveront dans les fourgons des armées de libération pour mettre la main sur notre radio ». Ainsi naquît la Radiodiffusion Française, qui deviendra la RTF, puis l’ORTF, puis Radio France. De Londres et des maquis provient le souffle qui engendrera notre radio d’Etat. Malgré le temps, les dérives, les comités d’écoute, la mainmise gouvernementale sur l’information, l’indépendance financière a été maintenue. L’esprit de la Résistance a résisté. Nous n’avons toujours pas le profit pour but. Et toujours pas de publicité (ou très peu et, à la rigueur, on pourrait s’en passer). N’oublions pas que les français sont plutôt publiphobes. L’absence de publicité est notre meilleur atout. Mais n’oublions pas les raisons et le sens de cette indépendance. Voilà où réside la « différence » que nous avons à préserver et à faire entendre. Une différence menacée en ces temps de privatisation généralisée mais d’abord menacée de l’intérieur, lorsque les sondages d’audience de Médiametrie deviennent la boussole, la sanction et l’unique pensée.

Chacun sait pourtant les conditions douteuses dans lesquelles ces chiffres sont élaborés. Les sondeurs eux-mêmes en reconnaissent le caractère hasardeux. Et pourtant nous voici assignés au dogme du chiffre.

Cinq fois par an, la publication des sondages est attendue comme le grand Oracle. Ou bien votre flèche monte, ou bien votre flèche descend. Plus rien d’autre ne compte, la qualité, l’invention, la recherche, la controverse, la découverte, l’hésitation, le bénéfice du doute, tout ce qui fait l’humus et l’étoffe d’une culture et qui chercherait à redonner un sens à une telle entreprise dans les turbulences du temps. Rien de tout cela. Plus aucune considération pour un fait pourtant constant dans l’histoire humaine : toutes les Lumières, toutes les grandes conquêtes de l’esprit, toutes les grandes émancipations collectives, apparaissent d’abord minoritaires et subversives. Dans les idées, comme dans l’art, comme dans la politique. Avec l’audimat, pas de Galilée, pas de Van Gogh, pas d’Einstein, même pas un Desproges. Et Proust, sa flèche, elle monte ou elle descend ? C’est la seule question : « Comment faire monter la flèche ? »

On peut le comprendre pour les radios commerciales soumises à la loi de l’annonceur et du propriétaire. Les règles sont claires : des chiffres. Mais nous ? Nous, on n’est pas obligés. Et pourtant, l’Eglise de Chiffrologie partout étend son règne. A Radio France, devant un aréopage pénétré, les chiffres magiques sont projetés, interrogés et savamment interprétés selon des rites incantatoires empruntés aux antiques devins qui scrutaient le vol des oiseaux ou les entrailles des poulets et donnaient un avis qui, miraculeusement, venait confirmer les ordres - toujours perspicaces -, de l’Empereur.

Certes, nous faisons de la radio pour être écoutés par tous et une indication d’audience est un important paramètre. Mais c’est devenu le seul, la seule et l’unique augure. Aucun but collectif, aucun horizon, aucune réflexion sur le sens à donner aujourd’hui à ce bien public, aucun autre sens que la flèche.

Faute d’imagination, faute d’ambition, faute de légitimité, faute de confiance dans la qualité et le talent des équipes, nous sommes comme un cheval libre qui, apeuré par les grands espaces, viendrait s’aligner sur les chevaux d’attelage et de trait.

L’inconvénient avec les rêves médiocres c’est qu’ils sont les plus difficiles à réaliser (1).

Mais comme dit Sally Mara…. 

Et que disent ces sondages - rendus publics le 16 novembre -, concernant France Inter, pour la période septembre/octobre 2006 ? La station se maintient sans retrouver les auditeurs perdus lors du referendum de 2005. Les nouvelles émissions font à peu près les mêmes audiences que les précédentes, plutôt un peu moins pour l’instant.

Grâce aux fidèles AMG que vous êtes, Là-bas a doublé l’audience de la tranche de 15 heures, passant de 0,3 à 0,6 points d’audience, soit 150 000 auditeurs supplémentaires et donc un total de 300 000 auditeurs.

Mais ce chiffre ne fait que confirmer la marginalisation de l’émission voulue par Radio France. Notre audience moyenne à 17 heures était de 1 point soit 500 000. C’est donc bel et bien 200 000 auditeurs de moins.

Mais la direction, très fière de son résultat, va en étendre le principe en plaçant des émissions qui ont une bonne audience dans des tranches creuses afin de les remonter. Ceci étant le seul moyen de démontrer définitivement qu’il n’y avait aucune volonté de marginalisation politique de Là-bas. C’est ainsi que, prochainement, la chronique de Jean-Marc Sylvestre sera diffusée à 3heures 45 du matin, juste avant « Le téléphone sonne » à 4 heures. Dès janvier 2007, Guy Carlier passera à 23 heures, et ainsi de suite.

Si vous avez des suggestions, ne manquez surtout pas d’en faire profiter la direction de France Inter, toujours friande de dialogue et d’interactivité. Par avance merci.

(1) phrase attribuée à Charles de Gaulle.

A écouter ou réécouter sur www.la-bas.org

 

 

 

 Le lundi 13 novembre - Hommage à Pierre Vidal-Naquet (2)

« Etre historien, c’est refuser quelque ordre que ce soit, qu’il s’agisse de l’ordre de la société, de l’ordre de la mode, de l’ordre social. Par conséquent, être historien, c’est trahir. C’est trahir, parce le réel est toujours infiniment plus riche, infiniment plus compliqué que la théorie ». Pierre Vidal-Naquet

Le mardi 14 novembre - Bois d’Arcy : Quartiers pour mineurs

L’Observatoire International des prisons a initié depuis quelques mois les premiers Etats généraux de la Condition pénitentiaire mais la situation n’évolue pas dans les prisons.
On compte aujourd’hui entre 700 et 900 mineurs incarcérés. Quand on demande à la prison de palier les dysfonctionnements profonds de la société, l’enfermement a-t-il encore un sens ?

mercredi 15 novembre - Retour en Afghanistan (9)

et

jeudi 16 novembre - Retour en Afghanistan (10)

Dans le village de Zâkhel, l’opium est la principale ressource des paysans.

L’Afghanistan est devenu le premier pays producteur d’opium avec 92% de la production mondiale. Les talibans encouragent cette culture auprès des paysans : leur campagne est efficace puisqu’en 2005 la production était de 4100 tonnes et, en 2006, de 6100 tonnes. L’opium permet de financer les opposants au régime actuel et d’étendre l’influence des talibans dans le pays.

Un succès de plus pour la « coalition du bien » ?

Vendredi 10 novembre - Retour en Afghanistan (11)

Pour conclure notre série « Retour en Afghanistan », nous laissons le dernier mot à la musique, cette « chose du Diable » formellement interdite par les Talibans.

Et toujours :

- les repaires de Là-bas

- les messages des AMG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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