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Au p'tit coin

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Indigènes" (Algérie) sélectionné pour l'Oscar du meilleur film étranger

Le film "Indigènes" (Algérie) de Rachid Bouchared a été sélectionné pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère qui sera décerné le 25 février à Hollywood, a annoncé mardi l'Académie des arts et des sciences du cinéma.

 

Les autres films retenus dans cette catégorie sont "Water" de Deepa Mehta (Canada), "After the wedding" de Susanne Bier (Danemark), "Le labyrinthe de Pan" de Guillermo del Toro (Mexique), et "La vie des autres" de Florian Henckel von Donnersmarck (Allemagne).

 

"Indigènes" de Rachid Bouchareb avait été couronné en 2006 au festival de Cannes d'un prix collectif d'interprétation masculine. Le film dénonce l'injustice faite aux soldats venus des colonies et rend hommage au rôle actif qu'ils ont joué dans la libération de la France, lors de la Seconde guerre mondiale.

 

Tourné au Maroc et en France, "Indigènes" suit les pas de Saïd (Jamel Debbouze), Abdelkader (Sami Bouajila), Messaoud (Roshdy Zem) et Yassir (Samy Naceri) de jeunes "Nord-Africains" qui, en 1943, s'engagent dans l'armée française pour libérer la "mère patrie" de l'ennemi nazi. Le populaire humoriste et comédien Jamel Debbouze, qui a coproduit ce film à grand spectacle aux nombreuses scènes de combat, mais aussi Samy Nacéri, Roschdy Zem et Sami Bouajila, sont tous d'origine maghrébine.

 

Peu évoqué dans les manuels scolaires, l'engagement de ces 130.000 tirailleurs, goumiers et tabors algériens, marocains et tunisiens sera déterminant pour le succès de la campagne d'Italie et la victoire des Alliés.

 

Le film a coûté 14 millions d'euros. C'est l'un des dix plus chers de l'année 2006 en France avec 500 figurants et 18 semaines de tournage. Il a notamment été coproduit par trois chaînes de télé, cinq régions, une société de production marocaine, une algérienne et deux belges. Le Royaume du Maroc avait mis son armée à la disposition du réalisateur.

 

Juste avant le générique de fin, un texte rappelle que les anciens combattants indigènes ont vu leurs retraites et leurs pensions d'invalidité gelées à leur niveau de 1959 par une loi dite de "cristallisation".

 

Suite à la plainte déposée en 1996 par un ex-sergent-chef sénégalais, Amadou Diop, qui a touché une pension divisée par trois en vertu de cette loi, un arrêt du Conseil d'Etat de 2001 a obligé le gouvernement français à réviser un texte contraire à la Convention européenne des Droits de l'Homme. En dépit de cet arrêt, la "décristallisation" n'a pas encore eu lieu.

 

A l'occasion de la sortie du film, un appel avait été lancé en France "pour l'égalité des droits entre les anciens combattants français et coloniaux", soulignant qu'"un Français +invalide de guerre+ vaut 3 Sénégalais et 11 Marocains". "Un Français +ancien combattant pensionné+ vaut 2,5 Sénégalais et 7,5 Marocains".