Voyages en France mais aussi et surtout ailleurs, loin.
27 Juillet 2007
La presse européenne s'indigne des concessions faites à la Libye après la libération mardi des six Bulgares, une affaire dans laquelle, s'agace-t-elle, le couple présidentiel français a volé la vedette à l'Union européenne.
Nombre de journaux dénoncent en outre les conditions, "peu claires", dans lesquelles est intervenu ce dénouement, disant ne pas croire un instant que l'Union européenne n'a pas apporté en contrepartie son obole. De Standaard va jusqu'à écrire que "l'affirmation de Nicolas Sarkozy selon laquelle l'UE n'a rien payé est la trouvaille diplomatique de l'année".
Crimes
"L'UE récompense les crimes de Kadhafi", réagit, plus crûment encore, le quotidien danois Berlingske Tidende, pour qui "le crime paie toujours, en tout cas si on s'appelle Mouammar Kadhafi et qu'on est le maître absolu d'un pays avec du pétrole sous le sable du désert, et avec potentiellement un marché très prometteur à la frontière de l'UE". "Le fait est que des millions en monnaie occidentale se sont écoulés vers la Libye", relevait à cet égard dès mardi soir aux Pays-Bas le NRC Handelsblad, qui mettait également en exergue les atteintes aux libertés publiques en Libye où "rien ne se passe sans l'accord de son chef.
Chantage
Plus prudent, le Guardian britannique se demande, non sans une certaine ironie, "qui a payé quoi à qui?". "Les démocraties n'acceptent pas le chantage, nous disent les politiques. Elles l'acceptent, pourtant (...) Au-delà du sentiment d'impuissance, on est en droit d'être quelque peu en colère lorsque des prises d'otages d'Etat se terminent de cette manière", résume, en Allemagne, le Frankfurter Rundschau.
Sarkozy
Le rôle, controversé et très médiatisé, joué par le président français, que le Times de Londres affuble du surnom de "Super-Sarko", et surtout par son épouse, déjà parfois appelée la "Nouvelle Lady Diana" s'amuse Rossiiskaïa Gazeta, retenait aussi largement l'attention des journaux européens. L'italien Corriere della Sera qui semble admirer "la hardiesse de Nicolas Sarkozy et le courage proche de l'inconscience de son épouse Cécilia". Sans parler du "Merci, la France!" du quotidien financier bulgare Pari et du Nicolas "Sarkozy a tout misé et a gagné" de son compatriote, de gauche, Sega.
Critiques
Mais d'autres, à l'instar du Handelsblatt, tirent carrément à boulets rouges sur le couple français. Les époux Sarkozy "se mettent en scène, prennent des poses de héros, comme s'ils avaient été les seuls sauveurs des victimes", même si, du point de vue du président français, "d'autres intérêts sont en jeu: il veut vendre des marchandises contre du pétrole et du gaz, et se présenter ensuite comme un grand diplomate, qui réussit à ramener la Libye de Kadhafi sur le chemin de l'Europe", analyse ce quotidien allemand.
Et l'italien La Repubblica de considérer que "le président Sarkozy et sa femme Cécilia, selon l'opinion de beaucoup, se sont introduits dans l'affaire libyenne, en réclamant la gloire a posteriori alors qu'en réalité tout avait été décidé dans les détails depuis au moins quinze jours". La conclusion pourrait revenir au quotidien tchèque Dnes, pour lequel "la Libye et l'Occident se sont embrassés malgré le fait que tout ce qui précédait ce grand amour n'était rien d'autre qu'un terrorisme normal".