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Voyages en France mais aussi et surtout ailleurs, loin.

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François Morel : un texte sur Laurent Voulzy

En faisant le ménage dans ma boîte de réception, j'ai redécouvert avec bonheur ce texte que François Morel m'avait fait l'honneur de m'envoyer. Je me permets donc de vous le faire partager :


Laurent Voulzy :

 

Aujourd’hui, tandis que la valeureuse équipe gouvernementale de monsieur Raffarin nous enjoint à juste titre de retrousser des manches que nous avions négligemment abandonnées par des années de mollesse socialiste, aujourd’hui alors que tous nos responsables politiques responsables, ceux là même qui ont à cœur de promouvoir la grandeur de la France se plaignent à juste raison de cette loi inique, abjecte, ignominieuse des trente cinq heures, qui permet scandaleusement à des caissières inciviques de supermarché de rentrer certains soirs une heure plus tôt pour pouvoir embrasser leurs enfants, et les entourer ainsi d’une tendresse inutile et avachissante, aujourd’hui que la France avec le triomphe de Nicolas Sarkozy peut s’enorgueillir de l’arrivée inespérée d’un homme providentiel,  homme de courage, homme de convictions, homme de modernité, homme d’espoir, homme de foi, homme de combat, omniprésent, home vidéo et j’ai envie de dire aussi, bien que cette qualité soit moins souvent mise en avant, homme d’humour, homme d’esprit, homme de grosse déconne, et je n’en veux pour preuve que cette courte anecdote révélée la semaine dernière par le Journal du Dimanche le matin même de son intronisation au Bourget, je ne sais si je pourrais la raconter jusqu’au bout tant je crains d’être interrompu par des hoquets de rire que ne manquera pas de provoquer en moi cette magnifique saillie citée à juste titre en première page du Journal du Dimanche, qui n’hésitait pas à hiérarchiser ses informations avec la plus grande clairvoyance puisque la situation des otages français était rétrogradée ce jour là en page 11, donc tandis que le Premier ministre remettait à monsieur Sarkozy une casquette de douanier et une casquette de policier, qu’il avait précédemment essayé sur la tête de Jean François Coppée, monsieur Sarkozy devait avoir ce mot d’esprit fabuleux, qui d’emblée le met à égalité avec nos plus grands humoristes, de Sacha Guitry à Jules Renard, en passant par Mimi Mathy, cette plaisanterie sans vulgarité qui montre finement comment derrière des hommes de bravoure, de vaillance se cachent des êtres de sensibilité, de fantaisie, «oui, mais moi j’ai une plus grosse tête que lui. »

Oui, car c’est ça aussi, Sarko, Sarko la tendresse, Sarko  la grosse poilade, Sarko, la grosse verve...

Donc, aujourd’hui tandis que l’espérance et la foi en l’avenir sont revenues à cheval sur la valeur fondatrice du travail, France Inter, qui hélas, toujours contaminée par la vermine du renoncement, ne semble pas avoir compris que la période scélérate de la résignation et de l’inertie était enfin révolue, ne trouve rien de mieux à faire que de recevoir la plus grosse faignasse de la chanson française. Salaud ! Tu sors un disque tous les dix ans. Tous les dix ans ! Et si tu viens aujourd’hui, ce n’est sûrement pas pour des nouveautés. Ah non ce serait trop te demander, ordure ! Non ! C’est encore pour des chansons déjà enregistrées, du réchauffé en public. Honte à toi Laurent Voulzy !

Honte à toi… et ne t’attends à ce que dans la partie finale de ma chronique, par un retournement radical dont auraient le secret des chroniqueurs à la ramasse, je te rende hommage pour ton talent, ta discrétion, ton exigence, la qualité de tes textes, de tes musiques, qui m’accompagneraient jusque dans ma Volskwagen Golf modèle Bonjovi. Non, rien, pas un mot, rien, tu n’auras rien, Voulzy, tu ne mérites pas ma mansuétude, tu n’es pas digne de mon indulgence, ne compte pas sur moi pour te servir une parole d’apaisement, un mot de conciliation, ah non je ne suis pas le genre duettiste larvaire « Une dernière chose aussi, on aime beaucoup ce que vous faites ! » Non, je n’aime pas ce que tu fais ! Tu n’es pas assez productif, tu n’es pas assez fécond ! Ah parlez-moi d’Obispo, en voilà un gros fécond ! Toi, ta fertilité est nulle, ton rendement est anémique, ta récolte est insuffisante !

Peux-tu seulement imaginer que depuis que j’ai commencé ma chronique, Didier Barbelivien, a déjà eu le temps de composer trois succès, que Shirel et Leila Dorianne viennent à l’instant d’enregistrer et que Nicolas, a déjà siffloté tandis qu’il se rasait en rêvant à son avenir présidentiel qui tel un arc-en-ciel vient de surgir dans le firmament de notre espérance. Vive la république ! Vive la France ! Vive Sarkozy ! A bas Voulzy ! Le contraire est également possible.

 

François Morel

23/12/2004

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