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Voyages en France mais aussi et surtout ailleurs, loin.

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Ne cherchez plus : la Française, c’est Hillary !

 

L’une se conduit en Américaine en fuyant le palais de l’Elysée, l’autre en Française en couvrant les frasques de son mari, s’amuse la célèbre chroniqueuse Maureen Dowd.

C’est une curieuse inversion culturelle. La première dame de France, celle qui est dans un rôle où les femmes ferment habituellement les yeux sur les frasques de leur mari pour mieux préserver leur couple et diriger le palais de l’Elysée, a fui son perchoir doré, se comportant de façon très américaine et débordant de sentiments et d’élans féministes.

L’ex-première dame des Etats-Unis, celle qui était censée déborder d’élans féministes, a fermé les yeux sur les frasques de son mari pour mieux préserver son couple, et tente à présent de réintégrer son perchoir doré et de diriger la Maison-Blanche.

Cécilia Sarkozy se comporte de façon on ne peut plus américaine et Hillary Clinton de façon on ne peut plus française.

A un moment donné, Cécilia a quitté son mari pour aller chercher à New York l’amour à l’américaine. Hillary, elle, a perdu l’amour des Américains dans les années 1990 en tentant une réforme du système de santé à la française.

Dans le magazine Essence, Hillary parlait de sa relation de couple avec des accents très français, très laisser-faire*. “Bien sûr, nous avons traversé des épreuves, le monde entier le sait”, disait-elle. “Mais cela valait la peine de s’investir dans cette relation, je n’en ai jamais douté, même dans les moments les plus difficiles. Et je suis vraiment heureuse d’avoir pris cette décision. Encore une fois, ce n’est pas une décision qui convient à tout le monde. Et je pense qu’il est très important que les femmes défendent leur droit de prendre les décisions qui leur conviennent le mieux.”

Caitlin Flanagan écrit dans The Atlantic : “En passant sur les actes de son mari et en se faisant complice de ses tentatives pour se soustraire aux regards scrutateurs et aux jugements qu’ils suscitaient, Hillary s’est trop ­souvent montrée arrogante et donneuse de leçons, un travers dont elle est coutumière.”

Une arrogance très française, bien sûr, la même que celle affichée par Nicolas Sarkozy lorsqu’il a qualifié d’“imbécile” son porte-parole [David Martinon], a refusé de répondre à une question sur son couple de [la journalisteaméricaine]LesleyStahlpour ­l’émission 60 Minutes et a arraché son micro. Il n’a peut-être pas réalisé que, contrairement à ce qui se passe en France, il ne pouvait pas appeler ses copains haut placés pour qu’ils fassent passer le sujet à la trappe.

Il se peut toutefois que les traits de caractère que beaucoup trouvent déplaisants chez Hillary – son opportunisme, son art de la triangulation, ses arrangements avec la morale, ses revirements sur la guerre en Irak, son goût du secret, son côté impitoyable – soient ceux-là mêmes qui font que les gens ont envie de voter pour une femme. Personne ou presque ne doute que Hillary ait la solidité requise pour le poste qu’elle brigue. Elle assume froidement le fait de vouloir le pouvoir, de lever des fonds et de transformer le moindre pan de sa vie en produit marchand.

* En français dans le texte.   

Maureen Dowd - The New York Times

Paru dans Courrier international, hebdo n° 888 - 8 nov. 2007 

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