Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Voyages en France mais aussi et surtout ailleurs, loin.

Publicité

Vieilles, peut-être, mais toujours minces et désirables !

Les Françaises ne grossissent pas, et en plus elles font l’amour après 50 ans ! De quoi rendre jalouses des Américaines moins bien loties, estime une journaliste… américaine.

Puisque je dois vieillir, autant que ce soit à Paris. Ce n’est ni pour le temps froid et humide, ni par fétichisme pour le fromage non pasteurisé. Pour être très honnête, c’est tout simplement parce que j’aimerais bien continuer à faire l’amour. Aux Etats-Unis, mes chances seraient pratiquement nulles. Entre 40 et 50 ans, nous, les Américaines, arrivons encore à avoir des relations amoureuses assez régulières. Mais les dernières statistiques nationales montrent que, après 50 ans, un tiers des Américaines n’ont pas fait l’amour depuis un an. Et la moitié des sexagénaires n’ont eu aucune activité sexuelle au cours de l’année écoulée. A partir du moment où l’on franchit le cap des 70 ans, la plupart d’entre nous peuvent tout bonnement tirer un trait sur leur vie sexuelle et s’accrocher un panneau “Hors d’usage” autour du cou. (Inutile de préciser que ces messieurs s’en tirent à bien meilleur compte.) Une belle désillusion pour la génération des baby-boomers, qui se sont sculpté un corps à la gym et promettaient de faire de la soixantaine une nouvelle quarantaine en usant du Botox comme d’un aphrodisiaque. Mais ce dramatique marasme sexuel de l’après-quarantaine ne semble guère toucher les femmes de l’Hexagone. A en croire un sondage réalisé en 2004 par un Observatoire régional de la santé, chez les Françaises, seules 15% des quinquagénaires et 27% des sexagénaires disent n’avoir eu aucun rapport sexuel en un an. Une autre enquête nationale à paraître en mars nous apprend que les femmes de plus de 50 ans vivant en couple connaissent aujourd’hui une vie sexuelle bien plus active que celles interrogées au début des années 1990. Essayons de ne pas les détester : les Françaises ne prennent pas de poids, et les hommes continuent de les désirer. Le sex-appeal de l’après-ménopause est ici évident à chaque coin de rue ou presque. Il y a quelque temps, j’observais, au rayon lingerie fine d’un grand magasin parisien, un monsieur grisonnant examiner très attentivement le soutien-gorge et la culotte de dentelle noire que sa compagne du même âge venait de choisir. “C’est exactement ce que nous cherchions”, a-t-il lâché d’un air grivois en tendant sa carte de crédit à la caissière. Pourquoi donc les Américaines d’âge mûr s’affalent-elles en pleurnichant sur leur triple menton, alors que leurs sœurs d’outre-Atlantique -qu’elles aient ou non un triple menton- continuent à se faire courtiser ?

D’abord, les Françaises d’un certain âge* ont de bien meilleurs modèles. Bien sûr, Hollywood emploie toujours une poignée d’actrices de plus de 50 ans conservées par des moyens surnaturels. Mais, en règle générale, mêmes ces femmes, comme Susan Sarandon, ne doivent leur célébrité qu’à leur capacité à défier les lois du vieillissement. La plupart n’ont toutefois plus les honneurs des plans rapprochés non retouchés et ne se voient plus confier de rôles de femme fatale.

Qu’importe le garçon pourvu qu’on ait l’ivresse

Dans le cinéma français, en revanche, les actrices quinquagénaires font actuellement un retour en force. Toutes ne sont pas pour autant des copies liftées de leur image d’antan, et l’intérêt qu’elles éveillent n’a pas grand-chose à voir avec la nostalgie. L’actrice Nathalie Baye, qui, à 59 ans, fait son âge, a ainsi tourné dans une bonne vingtaine de films ces dix dernières années et tenu plusieurs rôles d’amoureuse.

Ces actrices françaises sont le produit de la génération de Mai 68, celle de la révolution sexuelle et sociale française. Mais, dans la version hexagonale de ce mouvement, les femmes n’ont pas eu à renoncer aux talons hauts et à la galanterie en échange de l’égalité. Il n’y a donc ici rien d’étonnant à ce qu’elles gardent tous leurs charmes.

Bien sûr, tout n’est pas rose pour autant dans les alcôves. La France a sa part de veuves et des divorcées esseulées. Toutes les Françaises que j’ai interrogées soulignent également que les femmes d’âge mûr doivent faire attention à leur physique pour rester séduisantes. Et l’on en voit de plus en plus qui sont passées sous le scalpel du chirurgien.

Si les Françaises ont une vie sexuelle plus épanouie, c’est aussi parce qu’elles sont généralement moins regardantes sur le choix de leurs amants. Une étude réalisée auprès d’Américaines entre deux âges, publiée l’année dernière dans le New England Journal of Medicine, établissait que 88% des femmes de 57 à 64 ans n’ayant plus aucune vie sexuelle avaient en fait rencontré un partenaire potentiel, mais la moitié d’entre elles estimaient que ce n’était pas “le bon”.

Aucune des Françaises que j’ai interrogées ne trouvait aux hommes mariés les qualités du partenaire idéal. Mais toutes s’accordaient à dire qu’ils pouvaient représenter un compromis acceptable, en attendant qu’elles trouvent véritablement chaussure à leur pied. “Cela vous sauve la vie car vous menez une vraie vie de femme”, explique Nathalie Samson, 50 ans, qui est sortie avec un homme marié pendant six ans avant de rencontrer son compagnon actuel (qui, lui, est célibataire).

Les New-Yorkaises entre deux âges n’ont en fait rien à envier aux Parisiennes. La différence, c’est que les Françaises ne considèrent pas que faire l’amour est un privilège réservé aux jeunes et belles femmes. Elles y voient l’un des plaisirs les plus essentiels de la vie.

* En français dans le texte. 

Pamela Druckerman- The Washington Post

Paru dans Courrier international, hebdo n° 904 - 28 février 2008 

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article