Voyages en France mais aussi et surtout ailleurs, loin.
26 Septembre 2006
Pour ne pas oublier que les grands-parents des « racailles » se sont eux aussi battus pour notre liberté. Sortie nationale du film : INDIGENES de Rachid Bouchareb Avec : Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Sami Bouajila, Bernard Blancan L’histoire : 1943. Ils n'avaient encore jamais foulé le sol français, mais parce que c'est la guerre, Saïd, Abdelkader, Messaoud et Yassir vont s'engager comme 130 000 autres "Indigènes" dans l'armée française pour libérer "la mère patrie" de l'ennemi nazi. Ces héros que l'histoire a oubliés vaincront en Italie, en Provence, et dans les Vosges, avant de se retrouver seuls à défendre un village alsacien contre un bataillon allemand. le site du film : http://tadrart.com/tessalit/indigenes/home.html Vous pourrez trouver la pétition : APPEL POUR L'ÉGALITÉ DES DROITS ENTRE LES ANCIENS COMBATTANTS FRANCAIS ET COLONIAUX. Cannes 2006. 59ème Festival de Cannes Le Prix d'interprétation masculine, remis par Diane Kruger, est allé, de manière collective, à Jamel Debbouze, Samy Naceri, Sami Bouajila, Roschdy Zem et Bernard Blancan pour leur prestation dans Indigènes de Rachid Bouchareb.
Durant la Cérémonie de remise des prix, Roschdy Zem a déclaré : "J'ai une pensée pour les soldats que nous avons représentés dans le film, qui n'ont pas eu de récompense. C'est à eux que je dédie ce Prix. Je voudrais remercier notre Pedro à nous, Rachid Bouchareb. Je ne sais pas si vous nous aimez, nous on vous aime très fort." Sami Bouajila : "Pour ma part, ce film représente le désir de toute une génération, en tout cas la mienne et j'espère aussi de bon nombre de celles qui nous précèdent, du besoin de retrouver sa mémoire, son histoire. C'est un grand cri d'amour envers les uns et les autres." Bernard Blancan :"Depuis tout petit, je suis allergique à l'injustice et au mensonge. Quand on m'a proposé ce projet, je trouvais qu'il y avait plein de choses à dire, et j'étais ravi. Si j'avais été directeur de casting, je ne sais pas si je me serais pris... J'aurais des gens connus comme Vincent Cassel, Gérard Depardieu, Daniel Auteuil. Ils m'ont accordé cette confiance, ils m'ont toujours témoigné un respect tellement inouï. Ce film a été une leçon à la fois artistique et humaine très forte. La preuve, je suis là aujourd'hui. Merci beaucoup, à Rachid et à toute la bande." Jamel Debbouze : "Je voulais savoir s'il n'y avait qu'un seul Prix pour des raisons d'organisation... Parce que je vais le garder, c'est sûr ! Je voulais remercier bien évidemment Rachid Bouchared, Jean Bréhat le producteur, je voulais souligner son travail. Bien sûr les acteurs, en particulier Samy Naceri qui n'a pas pu être là ce soir pour des raisons techniques. Je voulais remercier Khaled pour la musique, je voulais remercier Bertrand Labbé qui m'a fait passer du RMI à l'ISF. Il y en a plein comme ça que je dois remercier. Du fond du coeur, merci à Ahmed, à Django Jack qui sont dans la salle, Julie, Françoise, toute l'équipe technique du film. Je tiens absolument à remercier Michel Poniatowski pour la carte de séjour. Sans lui, mon père n'aurait pas pu entrer en France. Bien évidemment Monica Bellucci que je vais remercier, Samuel L. Jackson, Elia Suleiman, Henri Leconte. (rires) Je voulais absolument remercier la Terre entière. C'est mon premier Prix d'interprétation de toute ma vie, j'espère que ce n'est pas le dernier. Je me battrai pour ça. Je remercie tous les mecs du 19ème arrondissement, ceux du 93. Je remercie absolument Michel Rocard pour le RMI. On voulait finir en beauté en chantant l'hymne des tirailleurs algériens, sénégalais, pieds noirs qui étaient en première ligne durant cette Seconde Guerre mondiale..." Et Jamel Debbouze d'ajouter lors de la conférence de presse des lauréats : "Je suis tellement heureux et euphorique. Je ne pensais pas qu'on puisse arriver jusque-là. Ce film n'était pas censé se faire, et on a été récompensé... Ce soir, c'est l'un des plus beaux moments de ma vie. (...) On n'a pas la prétention d'avoir changé les choses, on les raconte en tout cas. Il y a des gens qui se sont sacrifiés pour qu'on puisse aujourd'hui répondre à vos questions en toute liberté. Il ne faut pas l'oublier." Le Prix François Chalais, qui fête cette année son dixième anniversaire, a été décerné hier soir, à 21h30, à Rachid Bouchareb, cinéaste français d'origine algérienne, pour son long métrage Indigènes, en lice pour la Palme d'Or. Créé par Mei Chen Chalais, l'épouse de François Chalais, ce prix récompense chaque année un film qui traduit au mieux la réalité de notre monde, en restant fidèle à la pensée de ce grand journaliste et critique de cinéma. Quatrième long métrage français présenté en compétition et troisième film à évoquer une situation de conflit - après Le Vent se Lève de Ken Loach sur la Guerre d'Indépendance en Irlande et Flandres de Bruno Dumont -, Indigènes rappelle le rôle essentiel qu'on joué des dizaines de milliers de tirailleurs, goumiers et tabors algériens, marocains et tunisiens dans la libération de la France en 1944-1945. Pour ce faire, le réalisateur Rachid Bouchareb, qui concourt pour la première fois de sa carrière pour la Palme d'Or - après avoir été sélectionné dans les Sections Parallèles en 1983 avec Peut-être la Mer et en 1991 avec Cheb -, a réuni devant sa caméra une riche distribution composée de Jamel Debbouze, qui s'est également impliqué dans cette aventure cinématographique comme coproducteur, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Samy Naceri. Tous incarnent ces héros que l'Histoire de France a oubliés, ces "Indigènes" qui se sont engagés à terrasser l'ennemi nazi pour libérer "la mère patrie". Après avoir vaincu en Italie, en Provence et dans les Vosges, ces soldats qui nous sont présentés dans le film se retrouvent seuls à défendre un village alsacien contre un bataillon allemand. La conférence de presse de Indigènes, présenté en compétition, s'est déroulée en présence du réalisateur Rachid Bouchareb, des comédiens Sami Bouajila, Roschdy Zem, Jamel Debbouze, Samy Naceri et Bernard Blancan, du producteur Jean Bréhat ainsi que des compositeurs Armand Amar et Khaled. Morceaux choisis. Les acteurs sur leurs motivations à jouer dans ce film : Roschdy Zem : "Avec Rachid, on avait déjà travaillé plusieurs fois ensemble, sur trois films exactement. Ce projet, il l'avait déjà en tête au moment de tourner Little Senegal, il m'en avait parlé et je n'ai pas attendu d'avoir un scénario entre les mains pour accepter de faire partie de l'aventure. L'idée me paraissait formidable et donner la réplique aux acteurs qui étaient pressentis, c'était pour moi un cadeau que je me devais d'accepter." Sami Bouajila : "Il y avait quelque chose de fédérateur au-delà de l'idée de faire revivre un pan de l'histoire, c'était de nous réunir enfin à l'écran et de partir d'un passé que nous avions en commun. On se connaissait déjà et on avait envie de tourner ensemble." Samy Naceri : "Un jour, j'ai eu rendez-vous avec Rachid au café d'en bas. Ce petit homme a commencé à me parler de la guerre 39-45, des tirailleurs sénégalais, des goumiers. Je n'en avais jamais entendu parler à l'école, je ne savais pas que des Pieds Noirs, des Juifs, des Maghrébins avaient défendu la France. J'ai cru que Rachid allait se planter avec un tel projet, mais deux ans plus tard il est revenu vers moi avec un scénario. Et là, j'ai pris une leçon d'histoire. Je me suis beaucoup investi dans ce film au point d'apprendre l'Arabe. J'ai littéralement foncé dans cette histoire. Ce n'est pas un film revanchard, ni politique. Mais il faut qu'on sache à l'école que ces Africains du Nord ont été les premiers à tomber sous les balles allemandes pour la libération de Marseille, de Toulon et de la Corse." Jamel Debbouze : "Ce projet tenait très à cœur à Rachid, j'ai vu que c'était quelque chose de viscéral chez lui. Il cherchait à exorciser quelque chose avec ce film. Pour ma part, je ne connaissais pas très bien cette page de l'Histoire. J'ai été vraiment touché par la démarche de Rachid. Ce projet n'aurait pas été envisageable il y a quelques années, maintenant c'est possible de faire un film sur un tel sujet (...) D'un côté, on trouve des budgets à plusieurs millions d'euros pour produire des comédies dans lesquelles on veut me voir glisser sur des peaux de banane et d'un autre, je vois qu'un projet comme celui qu'a porté Rachid est sans arrêt revu à la baisse. La France a encore du mal à revenir sur son propre passé." Bernard Blancan sur cet aspect méconnu de l'Histoire :"En tant que petit Français, j'ai grandi avec l'image résistante de la France, mais plus tard je me suis rendu compte que c'était plus compliqué que ça. J'ai découvert que j'avais un parent communiste et un autre gardien de camp. Je pense que le silence n'est pas seulement institutionnel mais il est également ancré au cœur de la population. C'est un silence qui est difficile à briser." Rachid Bouchareb sur les intentions de son film : "Je suis d'origine algérienne mais je me sens profondément français. Si j'ai fait ce film, c'est pour montrer qu'on fait partie intégrante de l'Histoire de France, que nous appartenons au passé de ce pays. Ce film est porteur d'une sensibilité qui prend de l'énergie et de la force dans le cinéma historique. Il a pour but d'élargir l'Histoire de France en ouvrant un nouveau chapitre. C'est notre Marie-Antoinette (...) Je suis très fier de le présenter ici, au bord de la Méditerranée. C'est ça le plus important pour moi, ce n'est pas de recevoir un prix." Khaled sur son travail de compositeur : "En temps normal, je chante l'amour et la paix, et j'ai été surpris que Rachid me propose de travailler sur la musique d'un film où il était question de guerre. Il m'a expliqué que ce n'était pas un film sur la guerre mais visant à rendre hommage à des gens qui ont permis que se fasse la Libération et qui nous ont apporté la joie de faire certaines choses. C'est par respect pour ces gens qui sont morts pour nous que j'ai rejoint Rachid." Rachid Bouchareb sur l'utilisation du noir et blanc dans son film : "L'idée de tourner en noir et blanc m'a traversé l'esprit, puis j'ai finalement opté pour des "virgules" de noir et blanc. Elles sont là pour figurer la vérité historique de certains faits comme les batailles à Marseille ou dans les Vosges." Sur le titre "Indigènes" : Rachid Bouchareb : "Durant la phase de recherche et de documentation, le film ne disposait pas de titre. En rencontrant ces gens qui avaient participé à cette guerre, je me suis rendu compte qu'une citation revenait souvent dans leurs paroles, celle de "soldat indigène". Ce titre, je ne l'ai pas choisi, il s'est imposé à moi." Sami Bouajila : "Ce titre fait aussi référence au code "Indigena" qui a été établi en Algérie en 1881 et qui définissait l'indigène comme une personne native de son pays mais n'ayant pas les mêmes droits qu'un citoyen normal. C'était en quelque sorte un demi-citoyen qui n'avait pas de perspectives d'avenir." Bernard Blancan sur ses impressions de tournage : "Sur ce tournage, je représentais une minorité ethnique. Je ne suis pas un acteur connu mais j'ai été traité sur un pied d'égalité avec ces stars. Ils ne m'ont rien volé, il m'ont tout donné." Rachid Bouchareb sur le souci d'authenticité historique : "Je ressens une certaine pression, car ce sujet n'a jamais été traité au cinéma jusqu'à présent. J'avais peur que certaines scènes et anecdotes ne soient pas justes historiquement parlant. Avec ce film, je souhaite laisser un témoignage irréprochable sur ce qui a pu se passer durant cette guerre." Jamel Debbouze sur son implication en tant que producteur : "Après Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, j'ai reçu une multitude de scénarii du genre Astérix chez les Beurs ou Rabin des Bois, et j'étais des plus sceptiques. Alors que le film de Rachid présentait des enjeux agréables et nobles à défendre. Il était donc normal et logique d'aller au charbon pour un tel film. En tant que coproducteur, je suis fier qu'Indigènes soit présenté à Cannes, c'est tout bénéf' pour nous. Pour récolter des fonds sur ce film, j'ai même été obligé d'aller à la rencontre de Sarkozy, ce qui m'a un peu énervé." 17-28 mai 2006 Source : http://www.festival-cannes.fr/
Comme l'explique le cinéaste français d'origine algérienne, "le cinéma est un vecteur de rencontres, d'émotions, qui donne d'abord à ressentir même s'il donne en plus à découvrir. Il n'y avait que comme cela que je pouvais porter l'histoire et créer un lien avec le spectateur, ajoute-t-il. Je ne voulais pas être didactique, cela ne sert à rien. Nous avons développé le scénario sur deux ans et demi. Il nous a fallu 25 versions pour arriver à dépasser l'Histoire et nous concentrer sur la matière humaine, sur les petits détails du quotidien qui restituent la vie mieux que tous les discours."