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Voyages en France mais aussi et surtout ailleurs, loin.

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Comment Tony Blair a endormi les intellectuels anglais

Les juristes sont-ils les intellectuels britanniques du XXIe siècle ? Henry Porter se désole dans le journal dominical The Observer : depuis quelques années, "ce ne sont pas les écrivains ou les intellectuels qui ont les choses les plus intéressantes à dire, mais les avocats". Signe des temps, sur la question de la citoyenneté, le plus écouté a été Matthew Taylor, ancien conseiller de Blair et actuel directeur de la Société royale pour l'encouragement des arts, de l'industrie et du commerce.

"Où est notre Orwell, où est notre Dickens ?" s'interroge Henry Porter. Il y aurait pourtant tant à dire. Sur la guerre d'Irak, sur les atteintes aux droits des personnes commises au nom de la lutte antiterroriste... Le chroniqueur en vient presque à regretter les années Thatcher, quand Harold Pinter, Antonia Fraser et Salman Rushdie, entre autres, se réunissaient au sein du Groupe du 20 juin pour combattre la politique de la Dame de fer. "En fin de compte, il est apparu que les écrivains ne forment pas de bons groupes politiques, parce qu'ils sont d'un naturel solitaire et habitué à suivre leur propre voie. Cependant, l'agitation des années 1980, même ridicule, est mille fois préférable au solipsisme desséché actuel."

Certes, sur la guerre d'Irak, Harold Pinter et David Hare ont bien pris la plume, mais à part eux ? "Il y a eu peu de réflexion qui ne soit contrôlée ou qui ne recherche l'assentiment des partis politiques."

Pour Henry Porter, la cause de ce silence des intellectuels remonte à 1997 et à la première victoire de Tony Blair aux élections. Quatre-vingt-dix pour cent des écrivains et des intellectuels avaient voté pour le candidat travailliste : "Le nouveau Premier ministre semblait tellement être le produit de leurs valeurs et épouser leur vision de la société qu'ils n'ont plus éprouvé le besoin de rester vigilants."

"L'opinion du 19 mars, paru dans Courrier international"

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