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Voyages en France mais aussi et surtout ailleurs, loin.

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Biocarburants : conséquence : alimentation : les prix flambent

L’engouement mondial pour le bioéthanol provoque une envolée du prix du maïs qui se répercute désormais sur toute la chaîne de production alimentaire, des œufs aux sodas, en passant par le lait, les pâtisseries et la viande, constate The Wall Street Journal. Le maïs est en effet massivement utilisé pour nourrir les animaux, mais aussi comme édulcorant, sous forme de sirop, par l’industrie agroalimentaire. Si cette céréale est particulièrement prisée par les fabricants de carburant, les autres végétaux transformables en éthanol comme le blé ou en biodiesel (colza ou encore soja) sont également soumis à une forte pression. Une évolution d’autant plus préoccupante que les stocks mondiaux de céréales n’ont jamais été aussi bas depuis trente ans.
Un peu partout, les consommateurs commencent à en faire les frais. Les prix de l’alimentation ont fortement augmenté ces derniers mois en Inde, en Chine, aux Etats-Unis, en Afrique du Sud et en Europe. Si cette poussée inflationniste se confirme, les banques centrales seront obligées de relever leurs taux d’intérêt. “La dernière fois que les stocks de céréales étaient aussi bas, en 1972, l’histoire s’est mal terminée”, rappelle Carl Weinberg, économiste en chef à High Frequency Economics, un cabinet d’analyses new-yorkais. A cette époque, la flambée des prix de l’alimentation a accompagné celle du pétrole, faisant plonger les Etats-Unis – puis l’économie mondiale – dans la récession. “Les prix alimentaires ont réellement été l’un des facteurs déclenchants”, insiste Carl Weinberg.

Les pays en développement, où la part du budget des ménages consacrée à la nourriture est particulièrement forte, présentent le plus de risques. En Chine, les autorités ont déjà réagi. Pékin a mis un frein à la construction d’usines de distillation de maïs pour produire de l’éthanol et a réduit les subventions aux exportateurs de céréales. En Inde, la Banque centrale a relevé plusieurs fois ses taux d’intérêt ; le gouvernement a supprimé les taxes sur les importations de maïs et a interdit les exportations de blé. Mais même si ces pays accroissent leur production agricole, celle-ci ne pourra probablement pas rattraper l’augmentation de la demande. Et la nourriture coûtera de plus en plus cher.

Paru dans Courrier international, hebdo n°964, 24 mai 2007

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