Voyages en France mais aussi et surtout ailleurs, loin.
16 Avril 2007
Le parti du président Evo Morales vient de déposer une proposition à l'Assemblée constituante bolivienne, qui siège depuis mars dernier, exigeant que Coca-Cola renonce au mot "coca". Cette demande est justifiée, affirme avec humour le journaliste grec Taki dans l'hebdomadaire britannique The Spectator. Et la feuille de coca, dont le composant principal est la cocaïne, doit "retrouver sa dignité", ajoute-t-il.
"Je suis assez ignorant des symboles nationaux à l'exception des plus évidents : le fromage pour la France, le talon aiguille pour l'Italie, le Panzer pour l'Allemagne, etc. Mais, si un pays peut s'attribuer la feuille de coca comme emblème national, c'est bien la Bolivie. Même si Washington, évidemment, ne s'en réjouit pas."
L'Assemblée constituante envisage aussi d'inscrire la feuille de coca sur le drapeau bolivien à la place des rameaux d'olivier et de laurier qui y figurent actuellement. "Et qui sommes-nous pour les en empêcher ? Et qui est Coca-Cola pour dire que son produit est le plus authentique ?"
"Le sénateur bolivien Antonio Peredo m'a dit que la feuille de coca était un symbole sacré, le Tahuantinsuyo, qui fait référence à l'Empire inca. Ce qui signifie que l'entreprise Coca-cola utilise le patrimoine sacré bolivien comme label commercial pour pousser des millions de rustres à travers le monde à boire leur produit. En tant que Grec, je soutiens mes frères incas. Imaginez que Donald Trump utilise le Parthénon comme logo de sa société ! Ou que Madonna utilise le crucifix pour vendre ses vidéos ? (C'est d'ailleurs ce qu'elle fait). Institutionnaliser la feuille de coca permettrait d'en stopper l'exploitation par les grands méchants Yankees."
Et il conclut : "Par loyauté, Coca-Cola devrait reconnaître sa dette envers la feuille de coca et payer à la Bolivie des réparations pour avoir exploité son patrimoine."