Promenade en forêt, baignade en eau douce : gare aux tiques et leptospires
Promenades en forêt et randonnées peuvent être l'occasion de morsures de tiques vecteurs de la maladie de Lyme, tandis que baignade ou pêche en eau douce recèlent le risque de contracter la leptospirose, une zoonose, affectant aussi les professionnels de l'élevage.
Les animaux sont à l'origine de plus de 70% des 177 agents provoquant des infections considérées comme émergentes ou réémergentes chez l'homme, rappelle l'Institut de veille sanitaire (InVS) dans un numéro spécial du bulletin épidémiologique hebdomadaire consacré aux zoonoses (maladies infectieuses atteignant les animaux et susceptibles d'être transmises à l'homme) en France.
Pour les principales zoonoses d'origine alimentaire, ayant des animaux d'élevage comme réservoir, il existe des systèmes de surveillance, associant responsables de la santé humaine, animale et de l'agro-alimentaire.
Pour d'autres zoonoses, la transmission alimentaire humaine est nulle ou minoritaire. Vingt d'entre elles sont classées en France prioritaires ou importantes, dont la maladie de Lyme, la leptospirose, la rage, la grippe et les infections dues au virus du Nil occidental qui avait affecté l'homme en 2003 dans le sud de la France.
Eau contaminée par les urines d'animaux infectés, morsures de rat, chiens, animaux d'élevage peuvent transmettre la bactérie Leptospira interrogans. De 300 à 400 personnes souffrent de leptospirose chaque année en France métropolitaine, notamment en Dordogne, davantage dans les Dom/Tom, selon l'InVS. Cette maladie peut entraîner fièvre, tachycardie, atteinte hépatique, pulmonaire, oculaire ou rénale, hémorragie ou signes neurologiques.
Potentiellement grave aussi, la maladie de Lyme ou borréliose, est transmise par les tiques. L'Alsace est la région la plus touchée (180 cas pour 100.000 habitants et par an) mais la maladie est également jugée "courante, avec de fortes disparités géographiques", dans le Limousin et en Région Rhône-Alpes, selon des études réalisées par l'InVS.
Après l'apparition d'une rougeur au point de piqûre, la maladie de Lyme, de diagnostic difficile, peut, des semaines ou mois plus tard, provoquer fatigue intense, maux de tête, atteintes neurologiques, cardiaques, douleurs articulaires...
Autre zoonose classée prioritaire par l'InVS, l'échinococcose alvéolaire -due à un parasite transmis surtout par le renard et le chien et qui nécessite la plupart du temps un traitement à vie- touche une quinzaine de personnes par an en France.
Classiquement attribuée aux oiseaux de compagnie, la chlamydiose humaine d'origine aviaire (ou psittacose), autre maladie à surveiller en priorité, touche également certains professionnels de la filière avicole.
Rongeurs sauvages et lièvres servent de réservoirs à la bactérie Francisella tularensis, responsable de la tularémie parfois mortelle. Morsures de tiques, contact direct avec la peau même sans blessure, inhalation de poussières ou consommation d'aliments contaminés, peuvent être à l'origine de l'infection.
D'où les conseils prodigués aux randonneurs: porter des vêtements amples et longs, resserrés aux poignets et chevilles dans les zones infectées.
En bord de mer, il est recommandé "d'éviter de toucher les phoques échoués". Les bactéries de l'espèce Brucella, à l'origine de la brucellose, zoonose classée prioritaire, ont en effet, selon le Pr Alain Philippon (Hôpital Cochin, Paris), trouvé de nouveaux réservoirs animaux: mammifères marins, sangliers et lièvres.