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Au p'tit coin

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Energie hydrolienne : le retard français

La France détient le deuxième gisement hydrolien d’Europe. Avec 6 GW, elle possède le potentiel nécessaire pour remplacer trois ou quatre centrales nucléaires. Pourtant, comme pour l’éolien, les projets français attendent le coup de pouce de l’Etat et des industriels français, qui préfèrent investir à l’étranger. 
Sur le site Internet de la chambre de commerce de Quimper, la société Hydrohelix lance un appel à l’aide : il lui manque des crédits pour faire repartir le projet Marénergie, qui prévoit l’installation d’une centrale hydrolienne d’1MW en 2008. Même la fabrication du prototype de 200 kW, d’ici 2007 est en suspens. « La programmation pluriannuelle des investissements de production électrique (PPI) 2006, qui fixe les objectifs énergétiques jusqu’à 2015 omet joyeusement les énergies marines," s’indigne Jean-François Daviaux, directeur adjoint d’Hydrohelix. "Nous sommes toujours dans l’attente des financements de l’Etat, alors que la France détient le deuxième gisement européen. » 
Malgré la dizaine d’entreprises partenaires, Hydrohelix ne parvient pas à réunir les 10 millions d’euros nécessaires. Son engin, composé d’une hélice à six pales, entourée d’une carène qui concentre l’énergie hydrocinétique, a pourtant réussi ses essais en bassin en 2005. Posé sur un socle au fond de l’eau, sa robustesse devrait limiter les coûts de maintenance.
« Il faudrait qu’Hydrohelix trouve des partenaires d’envergure", remarque Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l’Ademe. "Nous lui avons déjà versé près de 150 000 euros, on ne peut pas faire plus. »
Mais les grandes entreprises françaises préfèrent investir outre Manche, où les subventions peuvent atteindre dix millions d’euros ! EDF participe, à hauteur de 25% au financement de Marine Current Turbines (MCT), et Total vient d’annoncer avoir pris 10% de la société hydrolienne Scotrenewables Marine Power. Même l’Ifremer s’est mis au service de la britannique Orecon pour mettre au point un convertisseur de houle.
En France, c’est l’Ecole centrale de Nantes qui représente ce type de projet. La maquette du Searev, un flotteur qui récupère l’énergie des vagues à l’aide d’un balancier interne, a subi ses premiers essais cet été. « Ils nous ont permis de valider le concept » explique l’inventeur, Alain Clément. « Nous nous apprêtons maintenant à signer avec un consortium industriel pour réaliser, en 2009, un prototype à l’échelle réelle. » Les crédits seront-ils suffisants ? C’est toute la question.

Raphaël Baldos - Novethic.fr
Vendredi 20 octobre 2006